The Copyright volume Tour 2006 - Staying alive !

 

L’association loi 1901 Mélanie Séteun, éditeur de la revue de recherches sur les musiques populaires Copyright volume! et de la collection Musique et société, a organisé entre janvier 2004 et mars 2006 plusieurs cycles de conférences itinérantes sur les musiques dites populaires, ou musiques actuelles.

 

Si ces musiques sont dans toutes les oreilles et leurs airs sur toutes les lèvres, rares sont les initiatives qui tentent de les repositionner dans leur contexte social, historique, culturel, économique et esthétique. Il importe tout d’abord de rompre avec les discours visant à désigner ces musiques comme mineures. En s’exerçant, cette logique de déqualification conduit à dénigrer les qualités effectives de ces musiques. Il en résulte une occultation de leur efficacité réelle contribuant à diffuser un certain nombre de représentations sociales aussi stéréotypées qu’erronées. Il est donc impératif de procéder à une nouvelle problématisation de ces musiques. En prenant appui sur plusieurs enquêtes de terrain, nous pourrons porter un regard neuf et en profondeur sur des musiques et des pratiques dont la complexité reste trop souvent insoupçonnée. Le croisement de ces études devrait permettre de produire des instruments de mesure de la qualité artistique nettement plus opérants, car plus étroitement en phase avec la réalité.

Les participants au projet (Marie-Pierre Bonniol, Samuel Etienne, Gérôme Guibert et Fabien Hein) sont membres du comité éditorial de la revue V(c)lume! ou auteurs dans la collection d’ouvrages publiés par les éditions Séteun. Lors de chaque conférence, trois d’entre eux présenteront leurs travaux, le quatrième officiera en qualité de modérateur. Les échanges avec l’auditoire font partie intégrante de la dynamique de ces conférences. Une idée, une notion qui rebondit vaut mieux que mille autres qui restent confinées dans le silence.

Au final, le projet GBH (Guibert - Bonniol - Hein) + support (Etienne) reprend le principe d’un groupe de rock. A la différence cependant, que pour la première fois, c’est un collectif de chercheurs qui « tourne».

GBH v2.0

Fort d'une demi-douzaine de conférences, GBH+support a décidé faire tourner ses effectifs. Gildas Lescop (sociologie de la oi!), Yasmine Carlet (rock et politique en Grande-Bretagne) et Emmanuel Parent (rock et philosophie) ont rejoint le krew. Gildas est intervenu à Lille et Toulouse, Yasmine à Toulouse. Anne Petiau (sociologie de la techno) et Christian Béthune (esthétique du rap) seront également pour quelques dates de la tournée 2005.

 

Thèmes des conférences :

Gérôme Guibert : L’industrie musicale
A côté des problématiques stylistiques, le tournant du XXIe siècle apparaît comme porteur de nombreux changements en termes de médiations de la musique en France. Au sein de l’industrie du disque, on parle de dématérialisation des supports et d’explosion du piratage. Dans le spectacle
vivant, alors que les concerts gigantesques augmentent, la remise en cause de l’intermittence et le contrôle accru des événements underground (cafésconcerts, free-parties) provoquent la contestation des acteurs de terrain (musiciens, collectifs, organisateurs...). Concernant les médias, de nouvelles expressions médiatiques portées par Internet (web radios, web zines...) s’articulent avec des techniques de promotion plus agressives diffusées par des médias plus traditionnels (télé-réalité musicale, street-marketing...).
Si la période actuelle semble être un tournant pour le secteur de la musique et les logiques qu’il convoque, elle n’est en réalité qu’une nouvelle étape d’une histoire qui a déjà connu plusieurs révolutions au cours du XXe siècle. Considérant qu’une socio-histoire de l’industrie de la musique peut nous permettre de mieux comprendre le présent de son fonctionnement, on se penchera lors de notre intervention sur quelques phases importantes des mutations de l’industrie du disque, du spectacle vivant et des médias. On pourra alors constater que les conditions de production (économique, technique, juridique) conditionnent l’émergence de nouveaux courants musicaux et la sédimentation de cultures générationnelles originales...

Fabien Hein : Sociohistoire des musiques populaires : l’exemple des genres musicaux « metal »
La notion de genre est indissociable des musiques populaires. Elle constitue un principe de classement que mobilisent aussi bien les amateurs, les producteurs, les chercheurs ou encore les détracteurs de ces musiques. Le « rock » est une catégorie des musiques populaires. Catégorie générique, hétérogène et dynamique, elle permet de désigner, peu ou prou, une multitude de genres musicaux apparentés, mais également un ensemble complexe de pratiques artistiques et culturelles, individuelles et collectives, combinant acteurs, objets et dispositifs. Si bien que la catégorie « rock » apparaît, ni plus ni moins, comme une boîte noire. Qui elle même ouvre sur une multiplicité d’autres boîtes noires. En conséquence, son usage conduit à gommer un grand nombre de ses spécificités. Il est donc primordial d’affiner le regard à son sujet. A ce titre, l’étude d’un genre musical aussi fragmenté que le « metal » devient particulièrement exemplaire. En effet, le terme désigne une multitude de genres et de sous-genres musicaux nés de l’appariement du « hard rock » et du « heavy metal ». Il découle d’un processus engagé à la fin des années 1960 par Led Zeppelin et Black Sabbath. Ces figures emblématiques sont à l’origine d’une filiation multiforme : black metal, thrash metal, doom metal, grindcore, progressive metal, dark metal, hardcore metal, sludge, gothic metal, industrial metal, néo metal, etc. Vouloir rendre compte de cette pluralité nécessite d’aborder chaque genre sous un angle historique et sociologique. C’est dans cette perspective que je procéderai à une exploration ciblée de plusieurs genres « metal », de manière à faire émerger les enjeux esthétiques, culturels et sociaux qui les traversent et donc, d’identifier leurs points de convergence et de divergence.

Samuel Etienne : Les fanzines, approches sociologique et géographique
L’histoire du rock, sa mort cyclique, ses enterrements en grande pompe et ses résurrections immédiates sont depuis un demi-siècle orchestrés par une industrie du disque qui a pieds et poings liés avec des organes de presse spécifiques et totalement dévoués. Cette symbiose industrialo-médiatique quasi parfaite alimente l’émergence régulière de nouveaux courants musicaux qui participe de l’économie du disque. Pourtant, de nombreux courants musicaux n’ont pas (ou plus) accès aux médias de masse, générant frustration et révolte chez leurs acteurs.
La presse musicale alternative, dont l’explosion quantitative est à relier au mouvement punk et à sa philosophie du Do it yourself, est au départ une réponse au manque de considération de la presse commerciale pour les courants musicaux mineurs (au regard du marché économique), avant-gardistes ou déviants. Les fanzines musicaux, à l’origine, pallient un manque. Puis ils évoluent, se diversifient et deviennent un médiateur entre la star et le fan, ou encore une anti-chambre de la presse commerciale où les futurs journalistes professionnels font leurs premières armes. Les fanzines remplissent alors des fonctions sociologiques variées.
Si chaque fanzine est unique, répond à des motivations différentes, des objectifs variables, on peut faire ressortir des points communs à ces organes de presse souterrains, caractéristiques communes ayant trait au capital économique, au mode d’élaboration ou au circuit de distribution.
La conférence tentera de cerner les caractéristiques sociologiques de cette presse musicale alternative, tout en considérant son évolution dans le temps et dans l’espace.

Yasmine Carlet : Les musiques populaires britanniques contre les gouvernements Thatcher

Premier Ministre de 1979 à 1990, Margaret Thatcher bouleverse les acquis d'une Grande-Bretagne à l'agonie avec pour maîtres-mots le libéralisme économique et la toute-puissance de l'Etat.
L'avènement du nouveau gouvernement conservateur révolutionne également la musique populaire britannique qui, consolidée mais aussi idéologiquement déroutée par un courant punk lui aussi déclinant, s'engagera désormais dans l'opposition à la Dame de Fer.
En résulte un mariage inédit de pop et de politique qui se manifeste en chansons, mais aussi et surtout en actes collectifs si structurés qu'ils amèneront des artistes reconnus à s'associer au parti travailliste en période de campagne électorale.
Quelles sont les actions entamées ? Quelles limites rencontrent-elles ? Qu'en reste-t-il aujourd'hui ?

Emmanuel Parent : Pour une esthétique des musiques populaires ?
Le XXe siècle aura été celui de l’explosion des musiques populaires — un phénomène irrémédiablement lié à l’essor des techniques de reproductibilité du son. Mais leur réception dans le champ intellectuel (notamment l’école de Francfort) a longtemps privilégié leur impact social « de masse » au détriment des propriétés formelles qui pourraient les rendre dignes d’une attention
véritablement esthétique. Quels sont les éléments théoriques (réification des industries culturelles, idéal romantique de la création, passivité de la réception…) qui font obstacle à une prise en compte, par la plupart des intellectuels, de la créativité populaire « après la mort du Grand Art » ? Après 100 ans de jazz, 50 ans de rock et 30 années de hip-hop (etc.), la diversité des musiques populaires ne constitue-t-elle pas un terreau assez fertile pour affronter la notion de valeur en art ?

Anne Petiau : Des raves aux free parties. Sociologie de la techno.

La courte histoire de la techno est marquée par le développement successif des raves, puis des free parties. Ces dernières se singularisent au cours de la décennie 90, par référence et opposition aux raves. A bien des égards, elles radicalisent les principes de la rave. On retracera ce passage des raves aux free parties, en s’attachant à saisir plus précisément l’évolution du dispositif festif (les lieux, leur aménagement et la relation à la musique, au musicien et au collectif qu’ils autorisent) et des formes esthétiques. On verra comment les free parties redonnent toute sa place à l’amateurisme, face au milieu des raves de plus en plus professionnalisé. Le débat récurrent sur la « récupération » du phénomène techno, apparu dans les raves et réactivé dans les free parties aujourd’hui, permettra de saisir les motivations contradictoires des acteurs de ces milieux musicaux.
Cette conférence se propose donc de cerner les motivations et enjeux du « retour dans l’underground » opéré par les free parties. Cela conduit à une réflexion sur l’émergence « spontanée » des courants musicaux, et sur la place de l’amateurisme dans les courants musicaux populaires.


Special guest 2004 : Serge Lacasse (Paris).

Special guests 2005 : Christian Béthune (Clermont-Ferrand), Isabelle Kauffmann (La Roche-sur-Yon), Alexandra Besnard (La Roche-sur-Yon), Emmanuel Brandl (Besançon).

Special guests 2006 : Vincent Sermet, Isabelle Kauffmann et Fred Drewniak (Besançon)...

 

affiche pleine page (1,2 Mo)
Dates des conférences et des passages radio
GBH+support aka Da St Nectaire crew

GBH+support v2.0GBH+support v2004.2 ------------------------ Hein, Bonniol, Etienne, Lescop----------------------


Opération Dragon ----------- Lille -------Etienne, Hein et Lescop----------------


Opération Dragon -----Lille------Bonniol, Etienne-----

-------------Toulouse--------------Yasmine Carlet --------------
les dates 2006
GBH+support v.2005-1 -------------Etienne, Parent, Carlet, Guibert

Volcaniques de Mars, Clermont-Ferrand 2005 ----------------------------- Parent, Carlet, Guibert ----------------------

Volcaniques de Mars, Clermont-Ferrand 2005 ----------------------------- Parent, Carlet, Guibert ----------------------
Gap, 2005-------------------------------- Guibert, Petiau, Parent, Etienne
La Roche-sur-Yon, festival hip-hop Air, Swing & Fire----- Parent, Kauffmann, Besnard, Guibert
La Roche-sur-Yon 2005, festival hip-hop Air, Swing & Fire----- Alexandra Besnard et DJ Dyna
Besançon 2005
Besançon 2005 -------------------------------------- Brandl et Carlet
Coustellet, la Gare

dossier technique PDF

Tournée GBH+support au Québec - avril 2006