Biographie Éditions Mélanie Séteun
Fondées au cours de lannée 1998 par Samuel Etienne (épaulé lannée suivante par Gérôme Guibert), les éditions Mélanie Séteun ont pour objet laide à la publication et à la diffusion de travaux universitaires en Lettres et Sciences humaines. Privilégiant les productions de jeunes chercheurs, les éditions Séteun ont édité deux ouvrages en 1998-1999 dans la collection « Musique et société », avant de conclure un accord de co-édition avec lirma (Centre dinformation et de ressources sur les musiques actuelles) au début de lannée 2000. Trois autres ouvrages ont été publiés par la suite, le dernier ayant été soutenu par la Sacem.
En janvier 2004, une nouvelle collection « Rock et politique » a été créée à loccasion de la publication de louvrage de Yasmine Carlet, Stand down Margaret!. La distribution est assurée par distro-it-yourself, liste de diffusion de livres sur les musiques populaires gérée par lassociation Mélanie Séteun.
Lune des volontés premières de lassociation est doffrir des ouvrages de qualité à un prix abordable, tranchant quelque peu avec les pratiques habituelles dans le milieu de lédition universitaire. Ce double choix est jusquà présent conforté par les critiques positives des recenseurs académiques ou de la presse spécialisée, ainsi que par une diffusion conséquente pour cette catégorie douvrages (400 à 1700 exemplaires vendus par titre).
Les années 2001-2002 ont été consacrées au lancement de la revue Copyright Volume !, seule revue universitaire française actuellement dédiée aux musiques populaires. Cette revue semestrielle multidisciplinaire a publié une trentaine darticles au cours des années 2002-2003 dans des domaines aussi variés que la sociologie, la géographie, la musicologie, lhistoire, la philosophie, lesthétique, les sciences de la communication et les sciences politiques. Des tribunes sont également offertes à des professionnels ou des artistes musiciens désireux de faire partager leurs expériences sur leur métier ou leur art. Elle bénéficie du soutien du Centre National du Livre depuis juillet 2003.
En mai 2004, Mélanie Séteun et Disco-Babel se sont associées pour éditer une nouvelle revue, Minimum Rocknroll, consacrée à la culture rock (en dehors du champ musical) : le premier numéro a ainsi pour thème « Rouflaquettes, poils de torse et cheveux à chou-chous ». Cette revue est dirigée par Marie-Pierre Bonniol (fondatrice et ancienne directrice de la salle de concert parisienne Le Nouveau Casino), Céline Grenier et Karine Larivet (DJ et musicienne).
Par ailleurs, lassociation Mélanie Séteun organise depuis le premier semestre 2004 une tournée de conférences regroupant de jeunes chercheurs ayant contribué à la revue Copyright volume ! Pour la première fois, et à limage des groupes de rock, cest un collectif de chercheurs qui tourne. Une dizaine de manifestations GBH+support (Guibert Bonniol Hein + Etienne) ont été organisées de janvier à juin, les communications se faisant aussi bien dans le cadre de formations universitaires diplomantes (DESS) que de formation continue (médiathèque) ou de festivals musicaux ou culturels (Volcaniques de mars à Clermont-Ferrand, Operation Dragon avec Gojira à Lille, 20e en cultures à Paris). Une deuxième tournée aura lieu entre septembre et décembre 2004, leffectif GBH+support étant évolutif.
Interview Punk Rawk - juin 2004 - par Patrick Foulhoux
1) De quand date la création des Éditions
Mélanie Seteun ? Combien de références ? Quelle est la
ligne éditoriale ? As-tu commencé à Clermont ? Mélanie,
c'est juste toi ou tu es associé et financé par quelque gros
trust agro-alimentaire ? Système de fonctionnement ? Pourquoi cette
option de sortir de vrais livres au lieu de fanzines ?
Samuel : Les éditions Mélanie Séteun ont été
créées en 1998 à Nantes, mais Mélanie avait déjà
laissé quelques traces dans le milieu rock dès le début
des années 90, au sein de fanzines notamment. Depuis 1985, javais
fait une demi-douzaine de fanzines, punk, rock, électro-indus, gothic,
indie-pop et même littéraire. Du fanzine hyper confidentiel tiré
à 8 exemplaires jusquau gratuit imprimé à 30.000,
javais donc envie de faire autre chose. Fin 1997, Gérôme
Guibert me fait lire son mémoire de DEA sur les rapports entre nouvelles
tendances musicales et industrie du disque et cela a été une
sorte de déclic : il fallait que ce texte qui répondait à
nombre de questions que je me posais depuis des années sur le rock
puisse être lu par dautres personnes et quil ne finisse
pas comme la plupart des travaux universitaires dans un placard poussiéreux.
Au même moment je venais dobtenir une bourse pour faire une thèse
de géographie, cela ma permis davancer les 4000 F nécessaires
à limpression des 200 exemplaires du premier tirage des Nouveaux
courants musicaux. Comme on navait pas de distro, on a fait tous les
deux de la vente directe lors des festivals estivaux et du dépôt-vente
chez les disquaires, et en trois mois le livre était épuisé.
On en a retiré 300 puis 350 et depuis on fonctionne en auto-financement.
Pour le deuxième bouquin, Bruyante techno, lIRMA a assuré
la distribution nationale et nous a ensuite proposé de faire de la
co-édition. La collection Musique et société compte désormais
5 titres, le dernier étant le livre de Fabien Hein sur le metal. A
cela sajoute une nouvelle collection, Rock et politique, et la revue
Copyright volume! quon a monté en 2002 après avoir rencontré
Marie-Pierre Bonniol. Le fonctionnement reste proche de celui dun fanzine,
chacun pouvant intervenir sur les différents stades de fabrication
des bouquins. Jai fait la mise en page des premiers bouquins ou celle
de Volume, cest de lédition do-it-yourself.
2) Tu es originaire de quel patelin ? Quel est ton cursus
? Quel age as-tu ? Tu chausses du combien ?
Samuel : Je viens de Naoned, je suis né lannée du Master
of Reality de Black Sabbath. Je suis toujours à la fac. Je chausse
comme Iggy Pop sous acid. Quant à Mélanie, elle sest installée
à Clermont en 2002.
Gérôme : Je suis Breton également et juvrais
à Nantes comme bassiste au sein du groupe Crash (pop-core). Cela fait
presque quinze ans que je zone entre la fac et les scènes musicales
indés. Je suis né lannée de Starsailor de Tim Buckley.
3) La Mélanie a une particularité, c'est d'être érudite. Tous les participants sont des gens plutôt instructionnés. Est-ce la volonté d'aborder des thèmes de façon éclairée, de les analyser de façon objective par des professionnels qui en plus, sont des passionnés ?
Gérôme : Contrairement à ce qui se passe
depuis les années 70 dans dautres pays, les études universitaires
sur les nouveaux courants musicaux étaient quasi-inexistantes en France
jusquà très récemment. Les profs sopposaient
la plupart du temps à ce que les étudiants travaillent sur le
rock. Cétait considéré soit comme un truc superficiel,
contrairement aux soi-disantes cultures populaires authentiques comme la bourrée
auvergnate, soit comme un opium du peuple, un truc qui venait des capitalistes.
Pour que cela change il fallait que les punks eux-mêmes investissent
la fac, cest ce qui commence à se passer aujourdhui, même
si le système ne la pas encore vraiment intégré.
Samuel : le truc cest dessayer de transmettre un regard dépassionné
sur un objet culturel, le rock (au sens large), qui déchaîne
aisément les passions. Cette mise à distance peut sopérer
via différentes disciplines (sociologie, musicologie, philosophie,
géographie, etc.) qui vont offrir au rock une « épaisseur
», montrer que cette musique est bien plus que, même si cest
aussi cela, une vaste supercherie industrielle. Les musiques rock peuvent
être des éléments structurants pour un individu, on peut
construire sa vie autour de valeurs issues du rock (le do-it-yourself, par
exemple), toute la démarche de Mélanie Séteun tourne
autour de cette volonté de montrer que le rock est autre chose quune
sous-culture insignifiante. Les conférences GBH+support, conçues
comme la tournée dun groupe de rock, vont aussi dans ce sens
: le rock ce nest pas que de la musique, cest une attitude au
quotidien.
Collection Musique et société
Gérôme Guibert Les nouveaux courants musicaux : simples
produits des industries culturelles ? Séteun, Nantes, 1998.
Emmanuel Grynszpan Bruyante techno, réflexions sur le son
de la free party. Séteun, Nantes, 1999.
Sandy Queudrus Un maquis techno. Modes dengagement et pratiques
sociales dans la free party. Mélanie Séteun/irma, Nantes/Paris,
2000.
Stéphane Malfettes Les mots distordus. Ce que les musiques
actuelles font de la littérature. Mélanie Séteun/irma,
Nantes/Paris, 2000.
Fabien Hein Hard rock, heavy metal, metal. Histoire, cultures et
pratiquants. Mélanie Séteun/irma, Clermont-Ferrand/Paris,
2004.
Collection Rock et politique
Yasmine Carlet Stand down Margaret ! Lengagement de la musique
populaire britannique contre les gouvernements Thatcher. Mélanie
Séteun, Clermont-Ferrand, 2004.
Revue Copyright Volume! Autour des musiques populaires
(depuis 2002, 2 n° par an + hors-série)
Revue Minimum Rocknroll (création Disco-Babel 2004,
co-édition)

