Éditions Seteun

Des versions au riddim

Comment la reprise est devenue le principe de création musicale en Jamaïque (1967-1985)

Thomas Vendryes

Résumé : En 1967, Ruddy Redwood, selec­tor du sound system jamaï­cain Supreme Ruler of Sound, passe, sans le savoir, le mor­ceau On the Beach des Paragons amputé de la piste vocale : la pre­mière ver­sion, ins­tru­men­tale, est née. Moins de vingt ans plus tard, en 1985, Prince Jammy reçoit le titre de King pour le mor­ceau Under me Sleng Teng, chanté par Wayne Smith, un des plus grands succès de l’his­toire de la musi­que jamaï­caine. En moins d’un an, Jammy sor­tira plus de trente mor­ceaux sur le même riddim, Sleng Teng, tandis que ses pro­duc­teurs concur­rents le repren­nent plus d’une soixan­taine de fois. En 2008, le riddim Sleng Teng dépasse les deux cents repri­ses. En une géné­ra­tion, de 1967 à 1985, la reprise – appa­rue sous la forme d’une ver­sion ins­tru­men­tale invo­lon­taire –, se retrouve au cœur même de la créa­tion musi­cale en Jamaïque, à tra­vers la dis­tinc­tion entre riddim et tunes, le pre­mier engen­drant une mul­ti­pli­cité des secondes. Cette situa­tion est le résul­tat d’une double évolution – mul­ti­pli­ca­tion des ver­sions et émergence du rythme comme fon­de­ment de la créa­tion musi­cale –, qui répond à l’usage essen­tiel de la musi­que jamaï­caine, la danse ; mais qui appa­raît aussi comme le résul­tat des struc­tu­res de pro­duc­tion de l’indus­trie musi­cale jamaï­caine, orien­tée vers la sortie de sin­gles, par des col­la­bo­ra­tions musi­ca­les sans cesse renou­ve­lées, et, sur­tout, pre­nant place dans un contexte de très grande contrainte économique.

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Sur ce sujet, Thomas Vendryes pro­pose deux play­lists consul­ta­bles sur YouTube, l’une musi­cale, l’autre pro­po­sant des extraits vidéo.


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Riddim –