Éditions Seteun

Résumé - Bruyante techno

Emmanuel Grynszpan

La free party, projet de rave gra­tuite, appa­raît his­to­ri­que­ment comme une consé­quence de la dif­fi­culté d’orga­ni­ser une fête basée sur la musi­que techno. Tandis que la majeure partie du mou­ve­ment techno est animée par un désir de s’insé­rer dans la société, la free party témoi­gne au contraire d’une résis­tance à la socia­li­sa­tion amor­cée par les raves payan­tes.

Essaimant dans toute l’Europe, la free party techno donne à vivre une fête fonc­tion­nant sur des prin­ci­pes net­te­ment dis­tincts de ceux établis par la culture domi­nante. A côté voire contre la société, sui­vant le degré de répres­sion dont elle fait l’objet.

L’inten­sité et la rugo­sité du son des free par­ties, l’étrangeté de la musi­que au regard de la pro­duc­tion domi­nante ainsi que l’agres­si­vité déli­bé­rée du mes­sage non verbal pla­cent le bruit en posi­tion de concept clef pour saisir la signi­fi­ca­tion du phé­no­mène. La techno cumule toutes les dimen­sions du bruit, comme une pro­vo­ca­tion ultime au pos­tu­lat conven­tion­nel de la musi­que. Au-delà, la techno irrite les oreilles de notre société pour des rai­sons qui excè­dent lar­ge­ment le cadre musi­cal. Mais la musi­que accom­pa­gne et est à la source de cette contro­verse, ce qui révèle l’exis­tence d’un lien signi­fi­ca­tif entre le maté­riau musi­cal et le phé­no­mène social.

Dans ce contexte de contre-culture radi­cale, la techno jouée dans les free par­ties mêle étroitement bruit et machine. Entre détour­ne­ment et repro­duc­tion, l’ins­tru­men­ta­tion électronique est mani­pu­lée intui­ti­ve­ment pour pro­duire un bruit qui se veut à la fois pro­vo­ca­tion et inven­tion.


Thèmes et/ou mots-clés
Free-party –