Éditions Seteun

Dossier - Sex Sells. Blackness Too ?

« Blackness à la demande »

Production narrative de l’« authenticité raciale » dans l’industrie du rap américain

Franck Freitas

Résumé : Cet arti­cle porte sur les effets de la ren­contre de deux types de sto­ry­tel­ling au sein d’un style de rap - le rap « de gang­ster » (gang­sta rap) - qui a connu un succès com­mer­cial sans pré­cé­dent aux États-Unis et dans le monde. S’ins­cri­vant dans la tra­di­tion orale afri­caine-amé­ri­caine de trans­mis­sion de connais­san­ces sur soi et son milieu, le succès ful­gu­rant du rap a pro­gres­si­ve­ment donné lieu à un repo­si­tion­ne­ment stra­té­gi­que de sa pro­duc­tion nar­ra­tive via sa connexion avec un nouvel outil de com­mer­cia­li­sa­tion : le mar­ke­ting nar­ra­tif. L’« authen­ti­cité raciale » fiè­re­ment affi­chée dans les paro­les et vidéos de rap répond-elle sim­ple­ment à l’expres­sion « inno­cente » de son expé­rience vécue ou n’est-elle pas une per­for­mance de soi assu­jet­tie aux inté­rêts com­mer­ciaux escomp­tés ? Mes propos vont s’appuyer sur une ana­lyse de la car­rière de l’artiste 50 Cent et de son célè­bre clip « In da club » qui sou­li­gne à la fois la conti­nuité entre expé­rience vécue et mise en récit de celle-ci à des fins com­mer­cia­les, et décons­truit la pré­sup­posé « natu­ra­lité » d’une mas­cu­li­nité noire, « label de qua­lité » dans cette musi­que, habille­ment manu­fac­tu­rée par l’« indus­trie du rap ».

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