Éditions Seteun

Rebel With the Wrong Cause

Albert Ayler et la signification du free jazz en France (1959-1971)

Jedediah Sklower

Résumé : Un sté­réo­type coriace imprè­gne les ima­gi­nai­res du monde du jazz en France : pen­dant la période « free », le mili­tan­tisme poli­ti­que aurait éclipsé l’esthé­ti­que. Cette iden­ti­fi­ca­tion par­tielle d’une musi­que pour­tant bigar­rée fut le pro­duit d’une « col­la­bo­ra­tion polé­mi­que » entre par­ti­sans et détrac­teurs de ce phé­no­mène. L’exem­ple des inter­pré­ta­tions de l’oeuvre du saxo­pho­niste Albert Ayler illus­tre par­fai­te­ment les enjeux de cette nou­velle « bataille du jazz ». L’ancienne géné­ra­tion voyait en lui un nihi­liste infan­tile, dont la médio­crité était absoute par l’idéo­lo­gie. La cri­ti­que struc­tu­ra­liste de gauche en fi t un avatar du pro­lé­taire révo­lu­tion­naire, dont la musi­que, en « décons­trui­sant » les conven­tions du jazz anté­rieur, deve­nait sub­ver­sion des valeurs bour­geoi­ses. En loca­li­sant ainsi exclu­si­ve­ment l’ori­gine du « free jazz » du côté des rap­ports de force entre clas­ses et cultu­res anta­go­nis­tes, elle déter­mina les signi­fi­ca­tions qui devaient en décou­ler néces­sai­re­ment, sans égards pour les inten­tions expli­ci­tes des musi­ciens ou d’autres pos­si­bi­li­tés d’appro­pria­tion. Faire la cri­ti­que de telles normes, c’est res­ti­tuer la mul­ti­pli­cité du signe musi­cal et des pra­ti­ques d’écoute pos­si­bles.

Consulter l’arti­cle et télé­char­ger le pdf sur / read and down­load on Revues.org


Thèmes et/ou mots-clés
Autorité – 
Discours – 
Politique –